2050 commence aujourd’hui

2050. Une date, un nom, pour fixer notre agenda et notre ambition.

Nous sommes en 2020, année révélatrice d’une nouvelle vague de transformation dont les signes annonciateurs, environnementaux et sociaux, nous parviennent depuis longtemps. Cette vague vient abruptement succéder, ou plutôt s’entremêler, à la révolution numérique. Je leur trouve beaucoup de similarités. Une nouvelle fois, les jeunes, les chercheurs et les entrepreneurs sont à l’avant-garde. Une nouvelle fois cette mutation touche tous les secteurs, tous les continents, toutes les sociétés, toutes les entreprises, toutes les personnes. Une nouvelle fois la rapidité à laquelle s’imposent les nouveaux usages nous surprend et dépasse les organisations, encore en train d’absorber la révolution d’avant. Une nouvelle fois les cadres réglementaires et les institutions nous semblent obsolètes. Un nouveau cycle commence mais cette fois un ingrédient incontournable s’y impose : les limites-mêmes de notre planète.

Nous nous donnons donc un horizon de 30 ans. Et nous souhaitons d’ici là réussir là où la révolution numérique a trop souvent failli : ne pas être submergés par cette vague de transformation mais l’orienter dans la direction que nous souhaitons. Pour cela, il nous faut un cap. Quel monde voulons-nous construire d’ici 2050 ? Un monde meilleur me direz-vous. Mais viser un monde meilleur ne donne pas de cap. Fixer un cap c’est se fixer un objectif et tracer la meilleure route pour l’atteindre, en conjuguant l’instantanéité et le temps long. Nous avons mis du temps pour distinguer et nommer le nôtre précisément. Le voici : « façonner un futur fertile ». Et c’est la triple dimension de ce mot qui nous paraît juste.

  • Fertile d’abord, car productif, inventif, créateur de richesses, de liens et d’opportunités pour tou.te.s ;
  • Fertile ensuite, car évolutif, résilient par nature, s’adaptant facilement aux mutations et aux contraintes ;
  • Fertile enfin, car inclusif, offrant les espaces de liberté pour que chacun y trouve sa place, son rôle singulier.

Comment pouvons-nous y œuvrer ? En faisant à plus grande échelle ce que j’ai toujours fait et que je sais bien faire : renforcer celles et ceux qui bâtissent cet avenir fertile et veiller à ce qu’ils aient les moyens humains et financiers, la confiance, l’énergie, l’empathie, la hauteur, le temps et le savoir — en un mot la puissance d’agir — nécessaires pour qu’ils accomplissent leur mission et construisent leur écosystème. Et en devenant nous-mêmes l’un de ces role models dans notre propre secteur, celui de la finance. Bref, en mettant l’investissement au service de ce futur fertile.

La mission est posée.

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Revenir aux essentiels

Comment façonner un futur fertile ? D’abord, en assurant les “essentiels”. Nous en identifions cinq :

Eat enough, eat healthfully : faire évoluer le système agro-alimentaire pour qu’il puisse nous nourrir tous quelles que soient les évolutions climatiques, tout en étant l’un des piliers de la biodiversité et de notre santé.

Take care of body & mind : garantir les fondamentaux de notre santé, mentale et physique, renforcer notre système immunitaire et améliorer le lien social, réel et virtuel.

Empower learning & creativity : construire des modèles éducatifs et culturels qui intègrent les transformations environnementales, sociales et numériques et libèrent l’inventivité pour relever les défis contemporains.

Live & explore sustainably : rendre pérennes nos modèles d’habitat, de vie commune, de transport, de consommation d’énergie et de production.

Access freedom of mind : permettre à chacun.e d’accéder à une tranquillité d’esprit malgré les bouleversements annoncés grâce à des systèmes assurantiel, bancaire et médiatique de confiance.

Atteindre ces objectifs à un instant donné n’est pas suffisant, il nous faut des solutions robustes et pérennes, qui prémunissent contre le risque de déviations futures. Il s’agit donc que les entreprises financées par 2050 puissent aligner leurs intérêts économiques, le temps court, avec ceux de la société et de la planète, le temps long, afin que les trois se renforcent au fil du temps. Nous avons étudié les bonnes pratiques d’entreprises pionnières comme Novo Nordisk, Bosch ou Kickstarter sur la sécurisation de leur mission à long terme, Backmarket ou Phenix sur l’alignement de leur modèle économique avec une consommation responsable, Stripe ou Microsoft sur leurs engagements de réduction et de compensation de leurs émissions de carbone, Alan sur son modèle de partage transparent de la valeur, Tesla sur sa stratégie ouverte de brevets. Nous avons ensuite construit des indicateurs d’alignement (Key Alignment Indicators) articulant les pratiques ESG les plus avancées de l’industrie financière et les facteurs clés d’alignement identifiés lors de notre accompagnement des entrepreneurs et au sein des entreprises pionnières.

Développer des écosystèmes alignés

Quelles que soient leurs intentions, les entreprises sont structurellement poussées au désalignement. Soumises aux pressions concurrentielles et financières systémiques du marché, comment résister ? Prenez l’exemple de Netflix, à l’origine de nombreuses productions originales de qualité. Son PDG fondateur, Reed Hastings, énonçait il y a peu que son principal concurrent était le sommeil. Or, le sommeil est l’un des premiers piliers de notre santé. Pour le traduire brutalement, Reed Hastings, nous annonce ce faisant que son objectif actuel est d’aller chercher des points de croissance dans les points de santé de ses clients. L’intérêt économique de son entreprise n’est clairement plus aligné avec l’intérêt premier de ses clients (leur bonne santé), ni avec celui de la société en général : la déviation a eu lieu. Il est donc nécessaire de penser un alignement durable, qui ne dévie pas lorsqu’une entreprise atteint sa taille critique ou devient championne dans son domaine. Notre réponse, afin d’y arriver, est qu’elle puisse créer ou s’intégrer à l’écosystème qui lui permettra de résister et de se développer. Cette réponse induit deux grands changements dans la manière d’investir :

– D’abord, analyser et investir de manière écosystémique : appréhender une entreprise avec ses parties prenantes et comprendre ainsi ses interactions avec ses clients, ses fournisseurs, ses salariés, ses partenaires, ses financiers. La penser également à travers ses dépendances aux ressources naturelles, aux technologies, aux modes de financement, à la réglementation qui lui est applicable, afin de comprendre de quelle manière ces différents facteurs peuvent renforcer ou, au contraire, désaligner l’entreprise sur la durée. Ce prisme conduit à accompagner les entreprises dans le développement de leur propre écosystème en les aidant à tisser des liens forts avec les différents acteurs qui le composent et, grâce à leur action conjointe, à contribuer activement à l’éclosion d’une réelle alternative de marché, puissante et résiliente.

– Ensuite, développer des communs stratégiques, qui bénéficient à toutes les entreprises du portefeuille 2050 mais ne peuvent être financés par une seule, et dont chacune se nourrit pour accélérer son développement et renforcer la robustesse de son écosystème. Nous en identifions trois types :

  • La recherche mutualisée, pour pouvoir faire avancer des sujets transverses comme le green coding, ou les indicateurs de performance environnementale.
  • Le savoir partagé, pour mettre en commun les savoirs et faire évoluer nos modèles culturels. Nous l’avons fait en participant à la co-construction d’une partie du cours sur “Les enjeux écologiques du XXIe siècle” de l’Université Paris Dauphine placée sous licence libre, ou en soutenant le film à impact Bigger than us qui fait émerger de jeunes role models alignés.
  • Les infrastructures communes, pour partager outils, services ou actions. Ces infrastructures peuvent être technologiques, portées par des projets Open Source. Mais aussi sociales comme la structure d’inclusion médicale mise en place par Banlieues santé ou juridiques comme l’association Intérêt à Agir fondée par des professeurs de droit, des juristes et des avocats avec l’objectif de protéger les biens communs par le droit.

Un mouvement de l’intérieur

En parlant mission, stratégie, exécution, nous ne parlons pas du cœur battant de 2050. Ces mots n’ont de sens que s’ils sont vivants. Je crois, plus que jamais, que le mouvement que nous opérons doit venir de l’intérieur. De notre conscience au monde, de notre cœur, de nos sens, de notre énergie et de notre cerveau, tous conjugués. Et que ce mouvement est bien plus puissant qu’on ne le croit.

On m’a souvent demandé mes projections de l’avenir. Si je pensais que l’intelligence artificielle allait détruire tous les emplois, si le secteur financier allait être bouleversé par la blockchain, si, si, si… Ma conviction profonde est que l’avenir va ressembler à ce que nous en faisons. Que ce nous en faisons dépend de nos choix personnels. Et que, pour la grande majorité d’entre nous, nous avons bien plus de choix et de capacités d’actions que nous le pensons. Une entreprise est un corps vivant, elle n’est que le résultat des actions entremêlées des personnes qui y contribuent, de leurs croyances et de leurs visions, de leurs choix et de leurs actions, de leurs énergies et de leurs expériences. Si toutes ces personnes se rassemblent dans une direction donnée, l’entreprise s’y logera naturellement et aura un effet d’entraînement autour d’elle.

Nous sommes dans ce mouvement. Nous, ce sont toutes les personnes qui aujourd’hui forment le corps vivant de 2050 en apportant chacun.e un univers très complémentaire. Issue du monde des entreprises à mission et de l’économie sociale, Anne-Lise Bance modèle notre démarche d’alignement grâce aux Key Alignment Indicators et nos structures juridique et de gouvernance. Doctorante issue du monde de la recherche-action, Aicha Ben Dhia creuse et démocratise le savoir autour des transformations actuelles pour le rendre actionnable. Grand connaisseur des enjeux numériques et juridiques, passé par l’État, Charly Berthet élabore et met en œuvre des stratégies de développement des communs stratégiques. Encore étudiante, Meyha Camara veille à ce que nous trouvions les mots, le ton, les vecteurs justes pour être au plus proche de la réalité des choses et communiquer ce que nous sommes. Adepte de la simplicité, de l’empathie et de la sincérité dans les relations humaines, Aude Duprat structure l’organisation administrative et la relation à nos investisseurs. Ce corps vivant, je l’ai voulu, depuis le début, productif, évolutif et inclusif. Fertile en définitive. Il doit encore grandir en intégrant de nouveaux talents, animés par la mission de 2050, apportant d’autres expériences, savoir-faire, cultures et angles de vue, afin de renforcer notre action.

Ce mouvement s’étend au-delà de nous : nous fonctionnons déjà en écosystème, afin de faire jouer à plein l’intelligence collective, le dialogue des cultures, des expériences, des visions, des expertises en créant ces dynamiques de fertilisation croisée. Le nom 2050 nous vient d’Hicham Kochman aka Axiom, écrivain du réel, entrepreneur-artiste. Nous devons la structuration et la mise en œuvre juridique de notre modèle au créatif Christophe Baert. Nous nous nourrissons de la profondeur et la joie d’Emmanuelle Hoss, de la lumière et de l’intégrité de Flore Vasseur du courage et de l’intelligence d’Ed Zimmerman et de la confiance et de l’enthousiasme de nos premiers souscripteurs : ils nous ont notamment permis de trouver notre cap. Le penseur-entrepreneur Olivier Mathiot, le dirigeant éthique Charles Bienaimé et l’acteur-terrain Abdelaali El Badaoui ont veillé à ce que nous structurions une stratégie d’exécution agile sans jamais dévier de notre mission, en n’oubliant personne et en construisant sur le long terme. Nous avons affiné, grâce à l’expérience et l’agilité d’esprit de Fabrice de Gaudemar la mécanique du fonds et le rôle de venture partner qu’il est le premier à occuper.

2050, aligné by design

De mon expérience au sein d’Elaia Partners, de France Digitale et de daphni, j’ai acquis l’intime conviction que l’alignement d’intérêts doit se penser et s’implémenter de manière beaucoup plus large que le seul intérêt financier et en intégrant l’ensemble de son écosystème. Nous avons donc cherché le meilleur alignement possible entre les différentes parties prenantes de notre propre écosystème : équipe, investisseurs du fonds, entrepreneurs ou porteurs de communs stratégiques financés, experts ou venture partners. Afin que cet alignement soit complet et englobe à la fois la mission, la vision, la gouvernance, la contribution à l’écosystème et les intérêts financiers, nous mettons en place :

– une gouvernance écosystémique sous la forme d’un fonds de pérennité, seul associé de notre société de gestion, dont l’objet est de veiller à l’accomplissement de la mission portée par 2050, à sa bonne gestion et à sa pérennité économique. Son conseil d’administration est composé de garants, représentants de nos différentes parties prenantes.

– un véhicule d’investissement de type evergreen afin d’aligner les intérêts financiers de tous les investisseurs sur un seul portefeuille incluant l’ensemble des investissements de l’écosystème 2050. Ce type de véhicule permet également de fixer les horizons de liquidité des entrepreneurs comme des investisseurs sur leur propre agenda, qu’il soit moyen, long ou très long terme. Nous renouons ainsi avec la possibilité du temps long tout en permettant un temps plus court, à la fois pour les entrepreneurs, et pour nos investisseurs à qui nous voulons offrir un horizon de sortie plus flexible.

– une mécanique de contribution systématique de 10% des souscriptions ainsi que de 50% des commissions de performance de l’équipe aux communs stratégiques. Cette mécanique permet de garantir l’allocation pérenne d’un budget de financement à ces actifs dont aucun retour financier direct n’est exigé, mais une création de valeur vouée à accélérer et amplifier le développement des entreprises financées. Il suffit de regarder la valeur qu’Android et son écosystème ont rapportés à Google, ou la puissance de Wikipedia, pour comprendre la portée stratégique qu’ils peuvent revêtir.

La route

Alignés et en mouvement.

Innover, c’est inventer, c’est se tromper, c’est reprendre et avancer. Nous avons souhaité apprendre en faisant. Mélanger dès le début le penser et le faire.

Nous avons donc expérimenté et affiné notre approche en mode startup. Dans l’attente de l’agrément AMF dont la demande est en cours, nous avons créé une structure de portage qui abrite nos tout premiers investissements. Elle porte déjà l’investissement effectué dans Withings, l’un des premiers piliers de notre stratégie santé, entreprise française pionnière, à la croisée de la santé préventive et personnalisée. D’autres devraient suivre prochainement.

En écho à notre mouvement, je vois les entrepreneurs que je continue à accompagner avec bonheur chercher naturellement à s’aligner. En étant pionniers sur tous les sujets RSE comme Shine, en mettant l’engagement des employés au cœur de leur mission comme Swile ou Butterfly, en veillant à ce que tou.te.s puissent avoir une éducation technologique d’excellence comme Holberton School, en œuvrant pour l’autonomisation des artistes comme Keakr, en améliorant la coordination des soins comme Lifen, en remettant les liens d’amitié au cœur de jeux vidéos comme Gabsee, en permettant aux dirigeants de se dégager du temps et de la charge mentale pour s’aligner comme Double, en offrant une solution de vélos électriques durables comme Zoov ou en apprenant à chacun.e à comprendre l’unicité de son corps pour mieux se nourrir comme Zoe. Ce mouvement conjoint me conforte chaque jour dans l’idée qu’il est temps de prendre officiellement la route.

2050 commence aujourd’hui. Avec vous ?

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